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13 juin 2026 6 13 /06 /juin /2026 13:59

AUXONNE ET LA SAÔNE : BAIGNADES, SAUVETAGES ET NOYADES DANS L'HISTOIRE (1)

 

I1. AVANT-PROPOS

On évoque souvent à propos de noyades dans la Saône, celle auquel le Lieutenant Napoléon Bonaparte aurait échappé lors de son séjour à l'École Royale d'Artillerie d'Auxonne (1788-1791). Celle-ci fut relatée bien des années plus tard en 1847 par Claude PICHARD (1795-1883), personnage sympathique, Garde d'Honneur de l'Empereur dans sa jeunesse et maire d'Auxonne, l'un des premiers vulgarisateurs de l'histoire du séjour de Bonaparte à Auxonne. Et comme il se doit, copié et recopié depuis à l'infini.    

À tout seigneur, tout honneur, nous ne pouvions aborder le thème des noyades dans la Saône à Auxonne, sans évoquer celle que la tradition, sinon l'histoire locale, à consacré : celle à laquelle Bonaparte aurait échappé.

2. ÉMERGENCE D'UNE NOYADE

    Cette noyade à laquelle Bonaparte aurait échappé, on n'en trouvera des mentions écrites que beaucoup plus tard, au tournant des années 1840 lors de l'émergence d' une nouvelle ferveur bonapartiste et napoléonienne.

Citons à l'appui des sources écrites pour le moins contradictoires que nos lecteur(e)s pourront consulter dans les PDF en lien ci-dessous


 

 

  La presse locale, dans le cadre d'un article double-page du lundi 03 mai 2021 intitulé « AUXONNE Mise aux arrêts, duel, les secrets de Napoléon en Val de Saône » reprenait néanmoins, aux dires d'un adjudant-chef, la version selon laquelle Bonaparte aurait échappé à une noyade dans la Saône.

En témoigne l'encadré tiré de ce long article que nos lecteur(e)s pourront consulter en PDF 

Il est vrai que les noyades dans la Saône étaient alors fréquentes en ce temps. Des noyades de jeunes hommes, de militaires en particulier.

     En témoigne une pièce d'archive (A.D.C.O.) qui fut exposée ces dernières années à l'occasion de diverses manifestations « napoléoniennes ».

La page recto seule de ce procès verbal est disponible en ligne, à l'intention de nos lecteurs nous avons réalisé en PDF la transcription commentée de cette prose administrative qui confirme bien la noyade de canonniers du Régiment de la Fère dans la Saône lors du séjour de Bonaparte à Auxonne.

         Et qui nous en apprend aussi beaucoup par ailleurs sur les « joyeusetés » de l'administration d'Ancien Régime

3. EN CONCLUSION

 Cette noyade supposée de Bonaparte à AUXONNE, qui a fait couler tant d'encre et alimenté la copie de bataillons « d'historiens de tout poil » ne serait-il pas plus sage de la classer au rayon LÉGENDES plutôt qu'au rayon HISTOIRE.

Feu mon épouse Martine, sans déclarer prendre position pour cette option, l'adopta dans les faits. Comment ?

En taisant prudemment toutes les LÉGENDES construites a postériori autour de Bonaparte et de son séjour à Auxonne dans son « BONAPARTE à AUXONNE » paru en édition papier en 1988 lors de l'exposition du bicentenaire 1788-1988 et publié en nouvelle édition numérique en ligne en 2017 sous un titre énigmatique interrogeant l'Avenir

BONAPARTE À AUXONNE Passé, présent...Avenir ?


 

N'en déplaise aux bateleurs d'estrade et aux écrivains d'occasion qui se font reluire à bon compte au rayons du soleil d'AUSTERLITZ !

 

 

Auxonne, 1788, le canonnier noyé

Auxonne, 1788, le canonnier noyé

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Publié par Claude et Martine (ϯ) Speranza - Auxonne-Patrimoine - dans Napoléon Bonaparte régiments auxonnais La Saône
19 janvier 2026 1 19 /01 /janvier /2026 15:01

AUXONNE : ARCHIVES DES MUNICIPALES 1947, DÉCOUVERTE COMMENTÉE A

 

INTRODUCTION PRÉALABLEur accéder à ce texte, cliquez surLLL

*Nous rappellerons en préambule que l'histoire de la Ville d'Auxonne c'est aussi l'histoire de ses maires. Et que l'histoire d'un maire d'Auxonne commence avec sa désignation par diverses voies au cours de l'histoire, voie du suffrage universel en république. En jetant un regard sur les municipales à Auxonne en 1947, nous faisons donc œuvre d'histoire locale

Avec la nouvelle année, la campagne des municipales 2026 s'ouvre en rupture avec la tradition dans un style « new-look » mettant en œuvre de façon plus ou moins radicale les nouveaux moyens de communication, intelligence artificielle comprise.

L'électeur potentiel se voit ainsi submergé par une crue iconique en ligne dans le flot de laquelle chaque candidat se met en vedette et en image, allant dans certains cas jusqu'à nous confesser sa passion, bien souvent anodine, il est vrai.

On assiste en quelque sorte, dans notre monde conduit par la logique spectaculaire, à une reconstruction truquée de l'ancien langage commun, phénomène théorisé dès 1967 par Guy Debord dans son ouvrage La société du spectacle.

Pour qui son âge avancé permet une large rétrospective des événements qu'il a vécus en live, le fossé entre les années 1950 et nos années 2020 se révèle immense.

Nous avons pensé qu'une façon simple et sans doute un peu simpliste d'observer ce fossé de sa fenêtre par le petit bout de la lorgnette pouvait consister à engager notre bienveillant lectorat à confronter la campagne « new-look »2026, ses images et ses vedettes aguichantes relookées voire coachées, aux austères documents imprimés de la campagne des municipales d'octobre 1947.

Nous leur livrons, à cet effet, quelques-uns de ces documents que nous avons collectés et mis en forme à leur intention.

Nous les soumettons à leur curiosité historique et patrimoniale concernant notre ville, leur laissant par ailleurs le soin d'en tirer, par et pour eux-mêmes, les conclusions.

DOCUMENTATION

I-LES LISTES EN PRÉSENCE

II-LES LISTES ANNONCÉES DANS LA PRESSE LOCALE

Deux quotidiens régionaux étaient en concurrence en 1947 : LA BOURGOGNE RÉPUBLICAINE et LE BIEN PUBLIC, en bref, le premier de gauche et le second de droite. Nous nous en sommes tenu à la seule consultation du second en raison de la qualité des documents disponibles en ligne qui ne concernent d'ailleurs que des listes de noms sans appréciation politique.

III-LES RÉSULTATS DANS LA PRESSE LOCALE

 Il était bien difficile d'illustrer cet article à partir des documents consultés très pauvres en images. Nous avons donc choisi opportunément de mettre à l'honneur Marcel LINDEN, membre élu de la liste Guichard en 1947, à qui l'on doit en particulier la réouverture du Musée Bonaparte, évoquée dans notre précédent article

AUXONNE : QUAND RENAÎTRA-T-IL NOTRE MUSÉE BONAPARTE ?

AUXONNE : ARCHIVES DES MUNICIPALES 1947, DÉCOUVERTE COMMENTÉE
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Publié par Claude et Martine (ϯ) Speranza - Auxonne-Patrimoine - dans Actualité Défense du Patrimoine Figures auxonnaises contemporaines Napoléon Bonaparte
24 décembre 2025 3 24 /12 /décembre /2025 13:47

AUXONNE : QUAND RENAÎTRA-T-IL NOTRE MUSÉE BONAPARTE ?

Pour accéder à ce texte, clUn projet de réouverture du Musée Bonaparte figurait au programme de la liste sortante « Une dynamique pour Auxonne » en 2020

Mais depuis, un profond silence s'est abattu sur la question. Il semblerait que les festivités impériales aient fait oublier notre Musée. Les flonflons, le son du canon, auraient-ils mis au rencart le devoir de mémoire et une conservation digne de ce nom ?

Pour l'heure, en cette période de campagne pour les municipales 2026, le Musée Bonaparte reste le grand absent.

                                          Témoin de l'investissement sans bornes de ma défunte épouse Martine pour une réouverture de ce musée, il m'est impossible de ne pas réagir à cette mise au placard d'une institution qu'elle s'épuisa à défendre et à valoriser.

En témoigne l'important mémoire pour une future réouvertutre qu'elle avait rédigé après la fermeture du musée suite à une infestation par des moisissures. Ce mémoire, nous vous en proposons aujourd'hui la lecture dans ce blog riche de ses travaux originaux et que nous maintenons actif en sa mémoire.

En d'autres temps, en 1949, année de la naissance de Martine, et quelques semaines avant cette naissance, le Musée Bonaparte renaissait avec de petits moyens, au premier étage de l'actuelle Trésorerie Rue Thiers. Il renaissait par la volonté d'une municipalité avisée au sein de laquelle, Marcel LINDEN, Officier d'Artillerie, AET, homme pugnace et courageux avait œuvré sans compter pour cette réouverture. Il semble que, depuis, les temps aient beaucoup changé.

Nous illustrerons cet article que nous engageons nos lecteurs à faire connaître par une photographie originale du musée bonaparte renaissant de la rue Thiers prise autour de 1950 que nous donnons aussi en PDF

AUXONNE : QUAND RENAÎTRA-T-IL NOTRE MUSÉE BONAPARTE ?
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Publié par Claude et Martine (ϯ) Speranza - Auxonne-Patrimoine - dans Napoléon Bonaparte Défense du Patrimoine Actualité Musée Bonaparte
8 juillet 2025 2 08 /07 /juillet /2025 09:35

AUXONNE-TILLENAY : UNE JOURNÉE NAPOLÉONIENNE EN 1981


 

       En mémoire de ma défunte épouse Martine et de son implication constante dans la défense et la connaissance du patrimoine de notre ville, je voudrais vous présenter aujourd'hui un document relatif au séjour de Napoléon Bonaparte dans notre ville (1788-1791).

En l'espèce, un numéro « artisanal » de Brumaire, la revue du Souvenir napoléonien de Bourgogne, dactylographié et illustré, agrafé, sans numéro ni date.

Dans cette revue, sous le titre Journées nationales de juin 1981, on peut découvrir trois pages concernant en particulier notre ville et plus largement le canton d'Auxonne d'alors.

Ajoutons que le Prince Napoléon, homme de haute taille aisément reconnaissable sur les photos participait à ces journées.

Le plus simple est de vous en proposer un extrait en PDF que vous pourrez, si vous le souhaitez, parcourir ou étudier.

Sur ce document, vous pourrez remarquer la présence du Prince Napoléon, homme de haute taille aisément reconnaissable sur les photos et qu participait à ces journées.

Ce document provient du classement en cours des archives personnelles de ma défunte épouse Martine. Tâche que je m'efforce de réaliser. Une tâche obscure que j'ai entreprise dès avant son décès.

Je me permets de préciser qu'en 1981, Martine travailla bénévolement (elle était alors par libre choix sans profession) à la réussite des Journées nationales de juin 1981 en apportant sa collaboration active à Mademoiselle Madeleine Moreau, de nombreux courriers en font foi.

Rappelons que Mademoiselle Madeleine Moreau, sœur du Docteur Pierre Moreau qui fut un temps maire d'Auxonne était alors responsable du Musée Bonaparte et de la bibliothèque municipale.

Responsabilités que Martine assumera par la suite en tant que cadre A jusqu'à sa retraite en 2014.

Sollicitée par ses ex-employeurs elle devait poursuivre cette tâche de façon ponctuelle, bénévole et informelle sous le mandat Raoul Langlois, tant que son état de santé le lui permit.

Pour en revenir à la journée du 7 juin évoquée dans le PDF ci-dessus, soulignons, qu'outre les manifestations proprement auxonnaises, elle comportait une visite au Polygone de Tillenay où le jeune Bonaparte artilleur suivit où dirigea des écoles à feu.

Les Généraux René et Noël de Cointet aujourd'hui disparus conduisaient cette visite. Précisons que le « Polygone » est encore aujourd'hui une propriété de la Famille de Cointet.

À ce propos, le PDF ci-dessous vous permettra de découvrir le Polygone

AUXONNE-TILLENAY : UNE JOURNÉE NAPOLÉONIENNE EN 1981
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Publié par Claude et Martine (ϯ) Speranza - Auxonne-Patrimoine - dans Napoléon Bonaparte
19 avril 2024 5 19 /04 /avril /2024 11:40
Deux Dolois remarquables

Deux Dolois remarquables

1791 : Rencontres des frères BONAPARTE avec deux illustres Dolois (1)

En 2017, Martine, notre défunte épouse, avait publié une nouvelle édition de son JOURNAL DE L’EXPOSITION « BONAPARTE À AUXONNE 1788-1988 »

Pour accéder à ce texte, cliquez sur

BONAPARTE A AUXONNE

version numérique du Petit Journal de l'exposition BONAPARTE A AUXONNE qui a eu lieu en 1988.

En page 12 de cette nouvelle édition de son « Petit Journal de l'exposition de 1988 » Martine faisait un « ÉTAT DE CE QUI RESTE DU SEJOUR [DE BONAPARTE] AUJOURD'HUI » en ces termes :

« La chambre que Bonaparte occupa en 1791 dans le Pavillon de la Ville aux casernes, a été conservée avec sa cheminée et sa platine. Une table et deux chaises en bois, qui faisaient partie du mobilier, ont été retirées du Musée d'Auxonne où elles étaient en dépôt, en 1897 et données au Musée de l'Armée aux Invalides (lors de sa création) par leur propriétaire le lieutenant MOUTILLARD (héritier GAVET). Ce mobilier a été remplacé par des copies d'après les originaux. »

Dans notre série 1791 : Rencontres des frères BONAPARTE avec deux illustres Dolois qu'inaugure le présent article (qui aura une suite), nous aurons quelques occasions d'évoquer plus en détail la question de ce « mobilier ».

Avant d'entamer notre propos, il nous a semblé bon de justifier rapidement le titre  de cette série :

Au début de l'année 1791 Napoléon Bonaparte (1769-1821) revient d'un long séjour en Corse.

Il est accompagné de son jeune frère Louis (1778-1846), les frères logeront tous deux dans la chambre dont Martine parle plus haut.

Dans le même temps, ils feront connaissance avec deux Dolois qui comptaient dans le monde éditorial et académique d'alors. Ces Dolois, le lecteur les découvrira bientôt.

L'un d'eux visitera les deux frères dans leur chambre au cours de leur séjour à Auxonne.

De cette visite il rendra compte beaucoup plus tard dans une longue lettre manuscrite, sur un mode vivant et détaillé à Claude-Nicolas AMANTON (1760-1834), juriste érudit et maire d'Auxonne de 1805 à 1811.

Cette lettre (un brouillon sans doute), datée du 14 août 1821, est conservée à la médiathèque de Dole.

Son auteur est Joseph François-Xavier JOLY (1750-v.1844) dont la notice biographique figure en page 289 du Dictionnaire biographique du département du Jura de Max ROCHE et Michel Vernus, Lons-le-Saulnier 1996.

Dans cette notice on lit en particulier que Joseph François-Xavier JOLY ; éditeur et imprimeur de talent publia en 1790 la « Lettre de Bonaparte, venu à pieds d'Auxonne, à Mateo Butafuoco.. » 

Il est largement question de cette brochure dans la lettre manuscrite (ou son brouillon) assez bien lisible de Joseph François-Xavier JOLY.

Question aussi des frères Bonaparte, de leur chambre à Auxonne, et encore d'un autre Dolois remarquable dont nous reparlerons plus tard et qui figure aussi, aux pages 273 et 274, dans le du Dictionnaire biographique du département du Jura de Max ROCHE et Michel Vernus, Lons-le-Saulnier 1996.

Cet autre Dolois remarquable est l'abbé Antoine-François-Xavier JANTET (1747-1805), professeur au collège de Dole et mathématicien, sur qui, d'après la lettre manuscrite de JOLY, Napoléon BONAPARTE semble avoir fait grande impression.

Ne souhaitant pas lasser nos bienveillants lecteurs, et préférant l'original à la copie nous arrêterons ici notre propos en les renvoyant au PDF commenté de la longue lettre de JOLY que nous avons réalisé à leur intention et qui est en lien ci-dessous :

 

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Publié par Claude Speranza - Auxonne-Patrimoine - dans Napoléon Bonaparte
6 octobre 2022 4 06 /10 /octobre /2022 22:08
Grosey ne fut jamais procureur impérial.jpg

Grosey ne fut jamais procureur impérial.jpg

 

Un duel à la loupe : BONAPARTE contre GROSEY (4)

 

Nous avions conclu le troisième article de notre série « Un duel à la loupe », en faisant mention, sans plus de précisions, d’un détail sujet à caution permettant, pour le moins, de douter de la réalité historique du duel Bonaparte-Grosey.

 

Ce détail rapporté par différentes gazettes et périodiques des années 1840 (entre autres : Le Spectateur de Dijon du 13 décembre 1843, L’Écho rochelais du 15 décembre 1843, L’Illustration du 13 janvier 1844, Le Moniteur Universel du 09 janvier 1844, le Nürnberger Kurier du 24 février 1844) et rapporté plus tard par Claude PICHARD et, jusqu’à nos jours, par divers auteurs, en voici la teneur :

« Lorsque Bonaparte fut arrivé au pouvoir Grosey [ndlr ou Grosset selon les versions], lui demanda un emploi. Sa requête contenait ce singulier passage : « Si tu ne me reconnais pas, tu te rappelleras du jeune dôlois qui t’as donné un coup d’épée sur le rempart d’Auxonne ». Bonaparte au lieu de se fâcher fit droit à la requête de Grosey [ndlr ou Grosset selon les versions] et le nomma procureur impérial à Béfort ».

Le hic dans cette affaire est que la réalité de cette prétendue nomination ne résiste pas à l’examen puisque de 1800 à 1813 on retrouve invariablement, dans les documents officiels, le dénommé Grosey en poste de juge à Lons-le-Saunier, au criminel (1800-1811) puis au civil (1812-1813)

En atteste l’excellent ouvrage collectif édité en 1991 par la Société d’émulation du Jura intitulé Dictionnaire biographique des administrateurs du JURA 1790-1800 en page 157 à l’article 286 Grosey Louis Denis Catherin (1750-1817)

Les almanachs impériaux (de 1805 à 1813 disponibles sur BnfGallica) consultés, démentent eux aussi formellement toute nomination de « procureur impérial à Béfort » qui aurait pu concerner ledit Grosey, et placent invariablement celui-ci à Lons-le-Saunier dans la fonction de juge au criminel, puis au civil.

En fait, Grosey avocat en parlement et homme de loi qui remplissait les fonctions d’accusateur public sous le Directoire au chef-lieu de son département, Lons-Le Saunier, fut sans doute « recyclé » en place, au moment du Consulat, comme tant d’autres en France, qui ne s’étaient jamais battus en duel avec Bonaparte…

 

Et puis, réflexion faite, ce « jeune dôlois » né en 1750 et qui avait donc 19 ans de plus que Bonaparte il n’était pas si jeune que ça autour de 1790, époque du duel supposé !

Il est encore plus difficile d’imaginer, une dizaine d’années plus tard, un magistrat, quinquagénaire ou presque, qui plus est dans la fonction d’accusateur public à Lons-le-Saunier, et visiblement soucieux de sa carrière,  interpellant  aussi cavalièrement le premier Consul.

 

L’anecdote est sans doute séduisante mais sa réalité historique semble s’évanouir, comme fumée au vent, à l’examen des archives

 

Fin de l'histoire

 

 

Martine SPERANZA avec la collaboration active de Claude SPERANZA

 

 

 

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Publié par Martine Speranza - Auxonne-Patrimoine - dans Napoléon Bonaparte
28 septembre 2022 3 28 /09 /septembre /2022 13:15

 

 

Le mobilier du lieutenant BONAPARTE, du « fripier » aux INVALIDES (1)

Mobilier Bonaparte au Musée de l'Armée.jpg

Mobilier Bonaparte au Musée de l'Armée.jpg

En 2017, nous avons publié une nouvelle édition du JOURNAL DE L’EXPOSITION « BONAPARTE À AUXONNE 1788-1988 »

Pour accéder à ce texte, cliquez sur

BONAPARTE A AUXONNE

version numérique du Petit Journal de l'exposition BONAPARTE A AUXONNE qui a eu lieu en 1988.

En page 12 de cette nouvelle édition, sous le titre

« ÉTAT DE CE QUI RESTE DU SEJOUR AUJOURD'HUI » nous écrivions :

« La chambre que Bonaparte occupa en 1791 dans le Pavillon de la Ville aux casernes, a été conservée avec sa cheminée et sa platine. Une table et deux chaises en bois, qui faisaient partie du mobilier, ont été retirées du Musée d'Auxonne où elles étaient en dépôt, en 1897 et données au Musée de l'Armée aux Invalides (lors de sa création) par leur propriétaire le lieutenant MOUTILLARD (héritier GAVET). Ce mobilier a été remplacé par des copies d'après les originaux. »

Notre lecteur aura bien compris que ces copies, réalisées au cours de la deuxième moitié du siècle dernier se trouvent actuellement dans la Chambre de BONAPARTE, au quartier du même nom.

Les originaux (ou du moins réputés tels) sont toujours aux Invalides et notre image du jour tirée du journal L’ILLUSTRATION du 3 juillet 1897, les montre tels qu’ils étaient à cette date.

Dans la suite de la présente série, qui sera réalisée avec la collaboration active de Claude SPERANZA, nous vous proposerons de suivre les péripéties du mobilier du lieutenant BONAPARTE, du « fripier » aux INVALIDES et nous ferons plus ample connaissance avec leurs divers acteurs.

 

Martine SPERANZA


 


 

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Publié par Martine Speranza - Auxonne-Patrimoine - dans Napoléon Bonaparte
15 septembre 2022 4 15 /09 /septembre /2022 18:47

 

Un duel à la loupe : BONAPARTE contre GROSEY (3)

Le rempart du Cygne Théâtre d'un duel .jpg

Le rempart du Cygne Théâtre d'un duel .jpg

Dans notre précédent article nous faisions part des premiers résultats de notre recherche de traces imprimées du duel « auxonno-dolois » Grosey-Bonaparte.

La première piste suivie dans cette recherche sur les traces du Commandant Bois nous avait malheureusement conduit à une impasse

Un duel à la loupe: BONAPARTE contre GROSEY (2)

 

Aujourd’hui c’est justement un Auxonnais, Claude PICHARD, qui pourrait nous tirer d’embarras en nous conduisant à une source imprimée doloise dont l’étude fera l’objet du présent article.

Dans son ouvrage Napoléon Bonaparte à Auxonne (Auxonne, 1857) Claude Pichard écrit en page 34 la note suivante qui occupe une grande partie de la page :

« Ajoutons ici la notice suivante recueillie par le savant bibliothécaire de Dole, M. Pallu, et insérée dans l'Album Dolois du dimanche 3 décembre 1843 ? : Louis-Denis-Catherin Grosey, né à Dole le 25 novembre 1750, ancien président dutribunal civil de Lure, mort à Crissey près Dole, en 1817, avait eu dans sa jeunesse ungoût très-vif pour faire des armes ; aussi avait-il la réputation d'un bretteur. Un jour qu'il était à Auxonne, il se prit de querelle avec Bonaparte et se battit en duel avec lui. Lorsque Bonaparte fut arrivé au pouvoir, Grosey lui demanda un emploi. Sa requête contenait ce singulier passage : Si tu ne me reconnais pas, tu te rappelleras du jeune Dolois qui t'a donné un coup d'épée, sur le rempart du Cygne à Auxonne. — Bonaparte, au lieu de se fâcher, fit droit à la requête de Grosey et le nomma procureur impérial à Béfort. »

 

Nos lecteurs pourront lire eux-mêmes, dans sa forme originale « la notice suivante recueillie par le savant bibliothécaire de Dole, M. Pallu, et insérée dans l'Album Dolois du dimanche 3 décembre 1843 ? » sur le PDF ci-dessous réalisé à leur intention.

Ils comprendront le point d’interrogation ajouté par Claude Pichard derrière la date. Renseignements pris, cet album dolois est bien de 1843

À noter que Claude Pichard ajoute au texte du « savant bibliothécaire de Dole, M. Pallu » un détail de son cru précisant à propos de rempart qu’il s’agit du « rempart du Cygne » (Rappelons que Bois citant Coston parlait déjà de « rempart du Signe » qui est en fait le même lieu puisque les deux orthographes coexistent)

Outre qu’il modifie, sans mentionner le fait, le texte sur lequel il appuie ses affirmations, Pichard n’instruit par ailleurs aucunement le lecteur de la raison et de l’origine de cette modification.

Dans une note en bas de page de son Napoléon de sa jeunesse (Paris, Ollendorf, 1907) Frédéric MASSON juge sévèrement les oeuvres de Claude Pichard en ces termes (note en bas de la page 177) :

« (1) Monsieur Pichard, maire d’Auxonne, qui a publié une brochure Napoléon Bonaparte à Auxonne (1ère édition Auxonne 1847, in-8 de 96 pages 2ème édition Auxonne 1857, in-16 de 100 pages), fait preuve des meilleures intentions mais manque absolument de critique et accepte sans contrôle toutes les légendes [...] »

Sans adhérer pleinement à ce jugement sévère émis par Frédéric MASSON, on est fondé à regretter que ce détail « rempart du Cygne » ait été ajouté par Claude PICHARD sans autre précision.

Notons par ailleurs que nombre de gazettes, autour de 1843, avant l’Album dolois ou après, publièrent en substance le même texte mais sans jamais parler du « rempart du Cygne ».

Citons, entre autres, à ce propos :

Le Spectateur de Dijon du 13 décembre 1843, L’Écho rochelais du 15 décembre 1843, L’Illustration du 13 janvier 1844, Le Moniteur Universel du 09 janvier 1844, le Nürnberger Kurier du 24 février 1844

Ce détail « tombé du ciel » ajouté par Claude Pichard, ainsi qu’un autre détail sujet à caution présent dans toutes ces publications, permettent de douter de la réalité historique de ce duel.

La suite dans un prochain article...

 

 

Martine SPERANZA avec la collaboration active de Claude SPERANZA

 

 

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Publié par Martine Speranza - Auxonne-Patrimoine - dans Napoléon Bonaparte
7 septembre 2022 3 07 /09 /septembre /2022 13:03

 

 

Un duel à la loupe : BONAPARTE contre GROSEY (2)

Scène d'un duel de légende.jpg

Scène d'un duel de légende.jpg

Comme nous l’avions mentionné dans notre précédent article, les références imprimées relatives à un duel Bonaparte-Grosey sont très nombreuses.

Un duel à la loupe: BONAPARTE contre GROSEY (1)

Nous en avons consulté de nombreuses, mais précisons qu’aucune de celles-ci n’était antérieure à 1840.

Il semblerait donc qu’un demi-siècle ait passé avant qu’une publication imprimée fasse mention de ce duel dont les protagonistes étaient morts depuis longtemps : Bonaparte en 1821 et Grosey en 1817 !

À tout seigneur, tout honneur ! Commençons modestement par citer une petite brochure publiée justement par un dolois.

On la doit à Julien Feuvrier alors qu’il était archiviste de la ville de Dole : FEUVRIER J., Napoléon Bonaparte à Dole, Paris, Champion, 1911 (disponible sur Gallica).

En page 6 de sa brochure, Feuvrier cite, parmi les Dolois que Bonaparte eut à connaître, deux de ses supérieurs au Régiment de la Fère à Auxonne : les capitaines « Jacques-Philippe-François Masson d’Authume » et « Claude-Joseph de Malet […] frère du général célèbre par ses conspirations contre Napoléon en 1808 et 1812 »

Et à propos de ces deux Dolois, il en ajoute un troisième en note, en bas de la même page.

Voici le texte de cette note : « le lieutenant Bonaparte eut occasion de connaître un autre Dolois, Denis Grosey, qui, dit-on, le blessa en duel d’un léger coup d’épée (M. BOIS Napoléon Bonaparte lieutenant d’artillerie à Auxonne, paris, Flammarion, s.d.) »

Précisons que l’ouvrage de Maurice Bois que cite Feuvrier parut en 1898.

Arrêtons nous à présent un moment sur cet ouvrage et son auteur.

Le Chef de bataillon Maurice Bois, ancien professeur-adjoint de géographie à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr, est l’auteur de cet excellent ouvrage rédigé alors qu’il était en garnison à Auxonne au 10ème de ligne à la caserne Chambure (actuel Quartier Bonaparte depuis la fin des années 1930).

Et revenons à notre duel ! Aux pages 119 et 120 de son ouvrage, Bois évoque un différend entre Napoléon Bonaparte et le « lieutenant Belly de Bussy logé au-dessous de Napoléon Bonaparte [et qui] sonnait du cor au point d’assourdir ce dernier ». Différend, qui sans l’arbitrage des « camarades » aurait pu avoir un duel pour conséquence. Et qui nous ramènera au duel avec Grosey

En effet, passant d’un duel évité à un duel hypothétique, Bois renvoie en page 120 à une note en bas de page concernant un autre duel : « 1. Coston. Napoléon Bonaparte se battit en duel, avec un Dôlois nommé Denis Grosey, sur le rempart situé derrière la Tour du Signe. Bonaparte reçut un léger coup d’épée ».

Un aperçu en PDF du lieu du duel sur fond de plan-relief

Comme nous l’avons noté plus haut, c’est précisément à la note de Bois que fait référence Feuvrier  pour évoquer le duel de Bonaparte avec le Dolois Grosey, sans toutefois préciser le lieu.

Nos lecteurs pourront confronter les écrits des deux auteurs dans le PDF qui suit.

Restait à consulter l’ouvrage du Baron Coston Biographie des premières années de Napoléon, Bonaparte, Paris et Valence, 1840 pour vérifier la pertinence de la note du Chef de bataillon Maurice Bois. L’ouvrage de Coston est sur Gallica, vous pourrez vous-même vérifier !!

Après examen attentif, il semble bien que le Baron Coston n’ait jamais fait mention de ce duel dans son ouvrage de 1840 !

Il nous faudra donc rechercher ailleurs d’autres mentions de ce duel dans d’autres textes et nous n’y manquerons pas dans nos prochains articles !

 

Martine SPERANZA avec la collaboration active de Claude SPERANZA

 

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Publié par Martine Speranza - Auxonne-Patrimoine - dans Napoléon Bonaparte
4 septembre 2022 7 04 /09 /septembre /2022 16:58

 

 

 

 

Un duel à la loupe: BONAPARTE contre GROSEY (1)

 

 

 

 

 

Le duel Bonaparte-Grosey (gravure apocryphe).jpg

Le duel Bonaparte-Grosey (gravure apocryphe).jpg

Dans notre article du 11 septembre 2017 intitulé

 

« BONAPARTE À AUXONNE Passé, Présent...Avenir »  (Cliquer sur ce titre)

nous écrivions :

     « Notre blog vous propose une nouvelle version du Journal de l’exposition de 1988 [relatif au séjour de Napoléon Bonaparte à Auxonne de 1788 à 1791] ; c’est le même texte, mais les illustrations sont cette fois en couleurs et ce document de 13 pages vous est proposé au format pdf

Vous pourrez ainsi, grâce à ces documents, connaître les détails du séjour et l’empreinte  qu’il a imprimée dans la mémoire de la ville. Par la suite nous actualiserons ces connaissances  par la publication de nouveaux articles en approfondissant certains aspects. »

 

Nous avons depuis publié une suite intitulée

 

« BONAPARTE  A  AUXONNE ... suite 1- Dans le cercle de ses amis » (Cliquer sur ce titre)

   

Aujourd’hui, à l’approche des journées du patrimoine 2022, nous avons jugé opportun de contribuer à l’histoire du séjour de Napoléon Bonaparte à Auxonne de 1788 à 1791, en apportant un éclairage inédit et rigoureusement documenté sur un épisode souvent rapporté dans de nombreux écrits, mais dont il semble que le fondement historique reste encore à établir : le duel Bonaparte-Grosey.

 

Cette publication, réalisée avec la collaboration active de Claude SPERANZA, paraîtra incessamment dans les pages de ce blog

 

Martine SPERANZA

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Publié par Martine Speranza - Auxonne-Patrimoine - dans Napoléon Bonaparte

Auxonne : Histoire & Patrimoine

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  • : La Petite Fabrique de l’Histoire est le blog historique de Martine SPERANZA créé en 2011. Depuis juin 2021, elle s'était adjoint la collaboration de Claude SPERANZA, son mari. Après le décès de Martine survenu le 16 mai 2023, Claude s'efforcera de poursuivre l'activité de La Petite Fabrique de l’Histoire. Martine SPERANZA est auteure de diverses publications relatives à l'histoire locale.
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Barrage vers 1850Vue du barrage d'Auxonne vers 1850  par Charles-Edouard Rougeot - Huile sur toile - Collections du Musée Bonaparte à Auxonne - Photo B. François.

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